Ces ateliers aident les enfants à mieux comprendre leur fonctionnement cognitif, à développer les compétences nécessaires aux apprentissages et à acquérir progressivement des stratégies qui les rendent plus autonomes. Ils s’appuient notamment sur les apports des sciences cognitives, de la psychologie cognitive, de la métacognition et de l’orthopédagogie.
Il ne s’agit pas d’entraîner les enfants sur des contenus scolaires, mais de travailler les processus mobilisés pour apprendre : être attentif, mémoriser, inhiber une réponse impulsive, planifier, s’organiser, comprendre une consigne, raisonner, changer de stratégie ou persévérer face à une difficulté. Une attention particulière est portée aux fonctions exécutives, essentielles aux apprentissages et à l’autonomie.
Les fonctions travaillées
- L’inhibition : attendre avant d’agir, écouter une consigne jusqu’au bout, résister à une réponse automatique.
- La mémoire de travail : garder une information en tête et la manipuler pour réaliser une tâche.
- La flexibilité cognitive : changer de stratégie, de règle ou de point de vue quand la situation l’exige.
- La planification et l’organisation : anticiper les étapes nécessaires pour atteindre un objectif.
- L’activation : entrer dans une tâche sans dépendre systématiquement de l’adulte, et s’y maintenir.
- Et aussi : attention, mémorisation, perception, repérage dans l’espace et le temps, langage, compréhension, raisonnement.
Une place centrale pour la métacognition
L’orthopédagogue aide progressivement l’enfant à prendre conscience de ce qui se passe dans sa tête lorsqu’il apprend : Qu’est-ce qu’on me demande ? De quoi dois-je me souvenir ? Comment vais-je m’y prendre ? Ma stratégie fonctionne-t-elle ? Puis-je faire autrement ? Cette verbalisation lui permet de constituer une véritable boîte à outils de stratégies, à réutiliser en classe.
Déroulé type d’un atelier
- 1
Rituel d’entrée — 5 min
Accueil du groupe et présentation de l’objectif : « Aujourd’hui, nous allons entraîner notre cerveau à ne pas répondre trop vite. »
- 2
Mise en activation — 5 à 10 min
Une courte activité ludique : Jacques a dit, jeu du miroir, rythmes à reproduire, consignes inversées…
- 3
Activité principale — 15 à 25 min
Des situations ciblant la fonction travaillée, où l’enfant essaie, se trompe, ajuste et recommence. L’erreur est une information.
- 4
Temps métacognitif — 5 à 10 min
Qu’est-ce qui était difficile ? Qu’est-ce qui t’a aidé ? Quelle astuce pourrais-tu réutiliser à l’école ?
- 5
Retour au calme — 5 min
Autoévaluation simple (« J’ai réussi seul », « avec de l’aide », « c’est encore difficile ») ; l’effort et la stratégie sont valorisés autant que la réussite.
Progression en maternelle
- Séance 1 — Je découvre mon cerveau d’apprenant
- Séance 2 — Je dirige mon attention
- Séance 3 — Je m’arrête avant d’agir
- Séance 4 — Je garde des informations dans ma tête
- Séance 5 — J’apprends à mieux mémoriser
- Séance 6 — Je peux changer de règle
- Séance 7 — Je réfléchis avant de commencer
- Séance 8 — Je comprends et je suis une consigne
- Séance 9 — Je cherche une solution
- Séance 10 — Je découvre mes stratégies pour apprendre
En maternelle, les activités sont courtes, ritualisées, concrètes et ludiques : jeu, mouvement, manipulation, images, histoires, comptines, constructions, jeux de règles.
Progression en élémentaire
- Séance 1 — Comment fonctionne mon cerveau quand j’apprends ?
- Séance 2 — Piloter son attention
- Séance 3 — Freiner son cerveau
- Séance 4 — Développer sa mémoire de travail
- Séance 5 — Apprendre à mémoriser efficacement
- Séance 6 — Devenir flexible
- Séance 7 — Planifier et s’organiser
- Séance 8 — Comprendre une consigne et résoudre un problème
- Séance 9 — Persévérer et gérer l’erreur
- Séance 10 — Construire ma boîte à outils d’apprenant
En élémentaire, les activités se complexifient progressivement : jeux cognitifs, défis, énigmes, jeux de stratégie, tâches de mémorisation, résolution de problèmes, situations proches du travail scolaire.
Évaluation
L’évaluation est formative et qualitative. Une grille individuelle d’observation, remplie en début, au milieu et en fin de cycle, permet de suivre l’évolution de chaque enfant (de « ne réalise pas encore » à « réalise de manière autonome »). Une synthèse de fin de cycle reprend ses points d’appui, les fonctions à renforcer, les stratégies qui lui réussissent et des pistes de poursuite.

